– Déclarez votre chiffre d’affaires à l’Urssaf même si vous n’avez rien encaissé, sous peine de pénalités.
– Choisissez entre déclaration mensuelle ou trimestrielle selon votre gestion de trésorerie et votre activité.
– Tenez un livre des recettes à jour pour justifier vos montants déclarés en cas de contrôle fiscal.
– Conservez tous vos documents comptables pendant 10 ans pour répondre aux exigences de l’Urssaf ou du fisc.
– Pensez à noter vos échéances et à provisionner vos cotisations pour éviter les complications administratives

Vous venez de lancer votre activité en tant qu’auto-entrepreneur, ou vous êtes déjà en activité depuis quelques mois ? Dans les deux cas, une obligation revient régulièrement et sans exception : la déclaration de votre chiffre d’affaires.
Contrairement à d’autres démarches administratives qui peuvent sembler complexes, déclarer son CA en tant que micro-entrepreneur est une procédure relativement simple. Mais elle est obligatoire, récurrente et encadrée par des délais stricts. Un oubli, une erreur ou un retard peut rapidement entraîner des pénalités, voire un redressement de la part de l’Urssaf.
Dans cet article, nous allons vous expliquer tout ce que vous devez savoir sur la déclaration de chiffre d’affaires en tant qu’auto-entrepreneur.
Le statut d’auto-entrepreneur est réputé pour sa simplicité administrative. Mais simplicité ne veut pas dire sans obligations. En effet, dès votre immatriculation, vous êtes soumis à plusieurs obligations fiscales qu’il est important de bien comprendre.
c’est l’obligation principale du régime. Vous devez déclarer régulièrement le chiffre d’affaires que vous avez encaissé (et non simplement facturé) auprès de l’Urssaf.
Sur la base de ce montant, l’organisme calcule automatiquement vos cotisations sociales. Cette déclaration doit être effectuée même si vous n’avez encaissé aucune somme sur la période.
Chaque année, vous devez reporter votre chiffre d’affaires annuel dans votre déclaration de revenus (formulaire 2042-C-PRO). L’administration fiscale applique ensuite un abattement forfaitaire automatique selon votre type d’activité :
| Type d’activité | Abattement forfaitaire |
|---|---|
| Vente de marchandises | 71 % |
| Prestations de services (BIC) | 50 % |
| Activités libérales (BNC) | 34 % |
Le montant restant après abattement est intégré à votre revenu imposable global et soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Si vos revenus fiscaux de référence ne dépassent pas un certain seuil (29 315 euros pour une part de quotient familial), vous pouvez opter pour le versement libératoire. Cela signifie que vous payez votre impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations sociales, à un taux fixe appliqué directement sur votre CA :
Cette option peut être avantageuse si vous êtes faiblement imposé, car elle vous évite une régularisation en fin d’année. En revanche, si votre taux d’imposition est bas, elle peut parfois s’avérer moins favorable. Mieux vaut faire le calcul avant de l’activer.
Par défaut, les auto-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA : vous ne collectez pas de TVA sur vos ventes et ne la déduisez pas non plus sur vos achats. Vos factures doivent alors obligatoirement mentionner la mention : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
Cette franchise s’applique tant que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas 41 250 euros en 2026. Si vous franchissez ce plafond, vous basculez automatiquement dans le régime de TVA de droit commun.
Votre première déclaration de chiffre d’affaires est déterminée par votre date officielle de début d’activité, telle qu’elle figure sur votre attestation d’immatriculation. C’est cette date qui fixe le début de votre première période de déclaration. Ainsi, si vous vous immatriculez en cours de mois ou de trimestre, votre première période de déclaration sera plus longue que les suivantes. Elle couvre en effet la fraction du mois ou du trimestre de démarrage, plus la période complète qui suit.
De plus, vous devez déclarer dès votre première échéance, que vous ayez encaissé des sommes ou non. Si vous n’avez réalisé aucun chiffre d’affaires sur la période, vous déclarez simplement zéro euro. Ne pas déclarer, même à zéro, est une erreur qui peut coûter cher. En effet, dans cette situation, l’Urssaf est en droit d’appliquer une pénalité forfaitaire de 52 € par déclaration manquante (montant susceptible d’évoluer).
En tant qu’auto-entrepreneur, vous avez le choix entre deux rythmes de déclaration de chiffre d’affaires. Ce choix est important car il conditionne également la fréquence à laquelle vous paierez vos cotisations sociales.
La déclaration mensuelle
Vous déclarez chaque mois le chiffre d’affaires encaissé au cours du mois précédent. Par exemple, vous déclarez en février le chiffre d’affaires encaissé en janvier.
Les avantages :
Cette option est recommandée si vous avez une activité régulière, des revenus importants, ou si vous préférez éviter les mauvaises surprises en fin de trimestre.
La déclaration trimestrielle
Vous déclarez tous les trois mois le CA encaissé au cours du trimestre écoulé. Les dates limites sont les suivantes :
| Trimestre | Période couverte | Date limite de déclaration |
|---|---|---|
| T1 | Janvier – Mars | 30 avril |
| T2 | Avril – Juin | 31 juillet |
| T3 | Juillet – Septembre | 31 octobre |
| T4 | Octobre – Décembre | 31 janvier |
Les avantages :
Cette option est recommandée si vous démarrez votre activité, si vous avez peu de revenus ou si vous souhaitez simplifier au maximum vos obligations administratives.
Comment choisir entre mensuel et trimestriel ?
La périodicité est surtout une question de gestion de trésorerie. Voici un moyen simple de trancher :
Bon à savoir : quelle que soit la périodicité choisie, le montant total de cotisations payé sur l’année sera identique. C’est uniquement le rythme de paiement qui change.
Bon à savoir : vous pouvez modifier votre périodicité de déclaration une fois par an, avant le 31 octobre, pour qu’elle soit prise en compte dès le 1er janvier de l’année suivante. La demande se fait directement depuis votre espace personnel sur autoentrepreneur.urssaf.fr.
Une fois votre chiffre d’affaires déclaré, le paiement de vos cotisations sociales suit automatiquement. Pas de calcul complexe à effectuer de votre côté : le montant est déterminé directement par l’Urssaf sur la base de votre CA déclaré.
C’est l’un des grands avantages du régime micro-entrepreneur : pas de bénéfice à calculer, pas de charges à déduire. Vos cotisations sont calculées en appliquant un taux fixe directement sur votre chiffre d’affaires encaissé.Ces taux varient selon la nature de votre activité :
| Type d’activité | Taux de cotisations sociales |
|---|---|
| Vente de marchandises | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Activités libérales relevant de la SSI | 21,2 % |
| Activités libérales relevant de la CIPAV | 21,2 % |
Si vous avez opté pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, le taux applicable à votre CA sera légèrement plus élevé, car il intègre à la fois vos cotisations sociales et votre impôt sur le revenu. Tout est regroupé en un seul paiement, ce qui simplifie encore davantage la gestion de vos obligations.
⚠️ Ne pas payer sans prévenir l’Urssaf entraîne des majorations de retard et peut déboucher sur une mise en demeure, voire une procédure de recouvrement forcé.
La déclaration de chiffre d’affaires à l’Urssaf ne nécessite aucun justificatif à transmettre. Vous déclarez votre Chiffre d’affaires en ligne et vous payez vos cotisations. Cependant, cela ne signifie pas pour autant que vous pouvez vous passer de documents. En cas de contrôle fiscal ou Urssaf, vous devrez être en mesure de justifier les montants déclarés.
Le livre des recettes : le document comptable obligatoire
C’est le seul document comptable imposé par la loi aux auto-entrepreneurs. Il recense chronologiquement l’ensemble des sommes que vous avez encaissées. Chaque entrée doit mentionner :
Ce livre peut être tenu sur papier ou sous format numérique (tableur, logiciel de facturation…). L’essentiel est qu’il soit complet, à jour et consultable à tout moment.
Les factures : une obligation pour chaque vente ou prestation
Chaque vente de marchandise ou prestation de service doit faire l’objet d’une facture en bonne et due forme. Ce document est indispensable pour justifier les montants inscrits dans votre livre des recettes.
Une facture d’auto-entrepreneur doit obligatoirement comporter :
Les relevés bancaires : pour croiser les données
Même s’ils ne sont pas officiellement exigés, vos relevés de compte bancaire constituent un justificatif précieux. Ils permettent de prouver que les sommes déclarées correspondent bien à des encaissements réels, et non à des chiffres inventés.
Bon à savoir : ouvrez un compte bancaire dédié à votre activité professionnelle. Ce n’est pas obligatoire en dessous de 10 000 € de CA annuel pendant deux années consécutives, mais c’est une bonne pratique qui facilite grandement le suivi de votre activité et vous protège en cas de contrôle.
Combien de temps conserver ces documents ?
Tous vos documents comptables et fiscaux doivent être conservés pendant 10 ans à compter de la clôture de l’exercice concerné. En cas de contrôle, l’Urssaf ou le fisc peut en effet remonter sur plusieurs années.
Loin d’être insurmontable. Une fois les règles de base assimilées, cette démarche ne vous prendra que quelques minutes à chaque échéance.
La clé du succès réside avant tout dans la régularité. Notez vos échéances dans votre agenda, provisionnez vos cotisations au fur et à mesure de vos encaissements, et ne laissez jamais une déclaration passer sans y répondre, même à zéro.
En adoptant ces bons réflexes dès le début de votre activité, vous vous éviterez bien des complications administratives et financières. Et vous pourrez vous concentrer sur l’essentiel : développer votre activité.
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