– En SASU, le président peut choisir entre un salaire, qui offre une protection sociale complète, et des dividendes, soumis à une fiscalité allégée mais sans droits sociaux.
– Le salaire est déductible fiscalement pour la société, mais entraîne des charges sociales élevées pouvant atteindre 82 % du montant net versé.
– Les dividendes, bien que fiscalement avantageux, ne peuvent être distribués qu’en cas de bénéfice et sont soumis à une double imposition.
– Une stratégie mixte, combinant un salaire minimum et des dividendes, est souvent adoptée pour équilibrer sécurité financière et optimisation fiscale.
– Le portage salarial est une alternative à considérer, offrant un statut salarié avec tous les droits sociaux sans avoir à de créer une société.

La création d’une SASU pose aux consultants indépendants une question qui est souvent sous-estimée au moment du lancement : comment optimiser sa rémunération en tant que dirigeant ?
Salaire ou dividendes ? Ces deux modes de rémunération obéissent à des logiques différentes. Pour de nombreux consultants, l’arbitrage entre salaire et dividendes devient un exercice d’équilibriste permanent, entre optimisation fiscale immédiate et sécurité financière à long terme.
Dans cet article, nous vous proposons de faire un tour d’horizon complet des deux options : leurs mécanismes, leurs avantages, leurs limites.
En SASU, le président associé unique dispose de plusieurs façons de percevoir des revenus issus de son activité. Parmi elles, deux options concentrent l’essentiel des arbitrages : le salaire et les dividendes. Ces deux modes de rémunération obéissent à des logiques juridiques, fiscales et sociales radicalement différentes.
Le président de SASU peut décider de se verser une rémunération en contrepartie de ses fonctions de direction. Ce salaire est fixé librement par l’associé unique. Par conséquent, il n’est pas soumis aux règles du Code du travail ni au SMIC. La société édite un bulletin de salaire et s’acquitte des cotisations sociales correspondantes, qui peuvent représenter jusqu’à 82 % du montant du salaire net versé.
En contrepartie de ces charges, le président salarié est affilié au régime général de la Sécurité sociale : il bénéficie d’une couverture maladie, valide des trimestres de retraite et accède à une protection sociale comparable à celle d’un salarié classique.
Les dividendes sont une distribution d’une partie des bénéfices réalisés par la société à l’issue de l’exercice comptable. Depuis le 1er janvier 2026, ils sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4 % : cela inclut 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux , suite à la hausse de la CSG sur les revenus du capital. L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu reste possible selon la situation personnelle du dirigeant.
Leur versement est soumis à plusieurs conditions :
– la société doit avoir clôturé ses comptes annuels ;
– La société doit disposer d’un bénéfice distribuable et avoir constitué sa réserve légale.
Contrairement au salaire, les dividendes ne génèrent aucun droit social : ils ne contribuent pas à la retraite et ne donnent pas accès aux indemnités journalières en cas d’arrêt maladie.
⚠️ En l’absence de bénéfices suffisants, aucun dividende ne peut être distribué.
Aucun droit social : c’est l’inconvénient majeur. Les dividendes ne génèrent aucun droit à la retraite, aucun droit au chômage et aucune indemnité journalière en cas d’arrêt maladie. Un dirigeant qui se rémunère exclusivement en dividendes pendant plusieurs années prend le risque de se retrouver sans protection sociale solide et avec une retraite très insuffisante.
Une double imposition : comme vu précédemment, les dividendes sont d’abord taxés à l’IS au niveau de la société, puis soumis au PFU à titre personnel. Cette double imposition aboutit à un taux effectif global d’environ 41,7 % sur les bénéfices distribués, un niveau à ne pas négliger dans le calcul de l’optimisation réelle.
Un versement conditionné aux résultats : les dividendes ne peuvent être distribués que si la société dispose d’un bénéfice distribuable, après imputation des pertes antérieures et constitution de la réserve légale. En cas d’exercice déficitaire, aucune distribution n’est possible, contrairement au salaire, qui lui reste dû indépendamment des résultats.
Un risque de requalification par l’URSSAF : si le président actif de la SASU ne se verse aucun salaire et se rémunère exclusivement en dividendes, l’URSSAF peut requalifier tout ou partie de ces dividendes en salaire. Cette requalification entraîne un redressement avec application des charges sociales, assorti de pénalités pouvant aller de 40 % à 80 % du montant redressé.
Aucune régularité de revenu : les dividendes sont versés une fois par an, après clôture de l’exercice. Cette irrégularité peut compliquer la gestion du budget personnel et fragiliser les démarches auprès des banques ou des bailleurs.
En pratique, la grande majorité des présidents de SASU ne choisissent ni le salaire pur, ni les dividendes exclusifs. Ils adoptent une stratégie mixte : un salaire socle mensuel, complété par une distribution de dividendes en fin d’exercice. C’est aujourd’hui la configuration la plus répandue et souvent la plus équilibrée.
L’objectif du mix est double : sécuriser les droits sociaux via un salaire minimum, tout en optimisant le net perçu via les dividendes, taxés à un taux plus favorable que le barème progressif.
Concrètement, la stratégie consiste à se verser un salaire mensuel suffisant pour :
Le complément de rémunération est ensuite versé sous forme de dividendes, une fois l’exercice clôturé et les bénéfices distribuables constatés.
Le bon équilibre entre salaire et dividendes dépend directement du résultat de la société :
| Niveau de bénéfice | Stratégie généralement observée |
|---|---|
| Inférieur à 40 000 € | Salaire uniquement : peu ou pas de dividendes à optimiser |
| Entre 40 000 € et 100 000 € | Salaire de 20 000 €/an + dividendes sur le solde |
| Supérieur à 100 000 € | Salaire de 20 000 à 25 000 €/an + dividendes importants |
Malgré son attrait fiscal apparent, se rémunérer exclusivement en dividendes expose à plusieurs risques cumulés :
La stratégie 100 % dividendes peut séduire à court terme, mais elle fragilise durablement la situation sociale et patrimoniale du dirigeant.
Au-delà du salaire et des dividendes, certains dirigeants utilisent le compte courant d’associé comme troisième levier. Il permet d’avancer des fonds à la société, puis de les récupérer sous forme de remboursement, sans fiscalité à l’entrée. Les intérêts perçus sont néanmoins imposables. C’est un outil complémentaire, à manier avec précaution et en lien avec un expert-comptable.
La question du salaire ou des dividendes est réelle, complexe et chronophage. Elle mobilise du temps, nécessite souvent l’accompagnement d’un expert-comptable, et implique des arbitrages aux conséquences parfois durables, notamment sur la retraite et la protection sociale. Mais cette question ne se pose que dans un seul cas : celui où vous avez créé une société.
Il existe un statut qui permet d’exercer une activité indépendante avec un niveau de revenus élevé, sans jamais avoir à choisir entre salaire et dividendes : C’est le portage salarial.
En portage salarial, le consultant indépendant est salarié d’une société de portage. Il négocie librement ses missions et son tarif journalier avec ses clients, comme un freelance. Mais il est rémunéré sous forme de salaire, avec l’intégralité des droits sociaux qui en découlent.
Contrairement au dirigeant de SASU qui arbitre entre charges sociales et droits sociaux, le salarié porté bénéficie d’emblée d’une couverture totale :
Le consultant porté conserve une grande liberté sur son TJM. Il le fixe librement selon le marché et son niveau d’expertise. La société de portage prélève des frais de gestion — chez OpenWork, 5 % du chiffre d’affaires HT, sans frais cachés — et reverse le solde sous forme de salaire net, avec les charges sociales intégrées.
Résultat : un revenu prévisible, régulier, et socialement protégé sans avoir écrit une seule ligne de statuts, ni ouvert un seul compte professionnel.
Le choix entre salaire et dividendes en SASU est loin d’être anodin. Il engage la fiscalité de la société, la protection sociale du dirigeant, et sa retraite. Derrière l’attrait apparent des dividendes se cachent des arbitrages complexes, un risque URSSAF réel et une fragilisation progressive des droits sociaux.
La stratégie mixte salaire/dividendes reste la plus répandue. Elle offre un équilibre raisonnable, mais elle ne supprime pas la complexité. Elle la gère.
Pour de nombreux consultants indépendants, la vraie question n’est pas de savoir comment arbitrer entre salaire et dividendes , c’est de savoir si créer une société est vraiment nécessaire.
Le portage salarial offre une alternative concrète : exercer en totale indépendance, avec un cadre administratif simplifié, une protection sociale complète et un revenu régulier, sans jamais avoir à ouvrir un cabinet juridique ni un tableur de simulation fiscale.
Pour aller plus loin :
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