SASU : comment choisir entre salaire et dividende ?

freddy redacteur seo et expert en portage salarial chez OpenWork
Freddy
Diplômé d'une licence d'histoire et d'un master en patrimoine numérique, Freddy est rédacteur web depuis 3 ans, spécialisé dans les sujets liés au droit du travail, aux ressources humaines et au portage salarial.
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Publié le : 08/04/2026
Mis à jour le :08/04/2026
Table des matières
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Points clés :

– En SASU, le président peut choisir entre un salaire, qui offre une protection sociale complète, et des dividendes, soumis à une fiscalité allégée mais sans droits sociaux.

– Le salaire est déductible fiscalement pour la société, mais entraîne des charges sociales élevées pouvant atteindre 82 % du montant net versé.

– Les dividendes, bien que fiscalement avantageux, ne peuvent être distribués qu’en cas de bénéfice et sont soumis à une double imposition.

– Une stratégie mixte, combinant un salaire minimum et des dividendes, est souvent adoptée pour équilibrer sécurité financière et optimisation fiscale.

– Le portage salarial est une alternative à considérer, offrant un statut salarié avec tous les droits sociaux sans avoir à de créer une société.

Des employés se réunissent dans un bureau

La création d’une SASU pose aux consultants indépendants une question qui est souvent sous-estimée au moment du lancement : comment optimiser sa rémunération en tant que dirigeant ?

Salaire ou dividendes ? Ces deux modes de rémunération obéissent à des logiques différentes. Pour de nombreux consultants, l’arbitrage entre salaire et dividendes devient un exercice d’équilibriste permanent, entre optimisation fiscale immédiate et sécurité financière à long terme.

Dans cet article, nous vous proposons de faire un tour d’horizon complet des deux options : leurs mécanismes, leurs avantages, leurs limites.

Quelles sont les différences entre salaire et dividende ?

En SASU, le président associé unique dispose de plusieurs façons de percevoir des revenus issus de son activité. Parmi elles, deux options concentrent l’essentiel des arbitrages : le salaire et les dividendes. Ces deux modes de rémunération obéissent à des logiques juridiques, fiscales et sociales radicalement différentes.

Le salaire 

Le président de SASU peut décider de se verser une rémunération en contrepartie de ses fonctions de direction. Ce salaire est fixé librement par l’associé unique. Par conséquent,  il n’est pas soumis aux règles du Code du travail ni au SMIC. La société édite un bulletin de salaire et s’acquitte des cotisations sociales correspondantes, qui peuvent représenter jusqu’à 82 % du montant du salaire net versé.

En contrepartie de ces charges, le président salarié est affilié au régime général de la Sécurité sociale : il bénéficie d’une couverture maladie, valide des trimestres de retraite et accède à une protection sociale comparable à celle d’un salarié classique.

Les dividendes

Les dividendes sont une distribution d’une partie des bénéfices réalisés par la société à l’issue de l’exercice comptable. Depuis le 1er janvier 2026, ils sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4 %  : cela inclut 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux , suite à la hausse de la CSG sur les revenus du capital. L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu reste possible selon la situation personnelle du dirigeant.

Leur versement est soumis à plusieurs conditions :

– la société doit avoir clôturé ses comptes annuels ;

– La société doit disposer d’un bénéfice distribuable et avoir constitué sa réserve légale.

Contrairement au salaire, les dividendes ne génèrent aucun droit social : ils ne contribuent pas à la retraite et ne donnent pas accès aux indemnités journalières en cas d’arrêt maladie.

⚠️ En l’absence de bénéfices suffisants, aucun dividende ne peut être distribué.

Quels sont les avantages et les inconvénients à se rémunérer avec un salaire ?

Quels sont les avantages à se rémunérer avec un salaire ?

  • Une protection sociale complète : en se versant un salaire, le président de SASU est affilié au régime général de la Sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié. Il bénéficie d’une couverture maladie, d’indemnités journalières en cas d’arrêt de travail, d’une couverture maternité/paternité et valide des trimestres de retraite — à condition de percevoir au minimum 600 fois le SMIC horaire à l’année, soit environ 600 € par mois en 2026.
  • Une rémunération régulière et prévisible : le salaire est versé mensuellement, indépendamment des résultats de la société. Cette régularité facilite la gestion du budget personnel et constitue un argument solide auprès des établissements bancaires dans le cadre d’un crédit immobilier ou d’une location.
  • Une déductibilité fiscale pour la société : le salaire versé au président réduit le bénéfice imposable de la SASU et donc la base de calcul de l’IS.

Quels sont les inconvénients du salaire ?

  • Un coût social élevé : Les cotisations sociales liées au salaire du président de SASU représentent en moyenne 82 % du salaire net versé. Pour la société, c’est une charge importante— notamment en phase de démarrage ou lorsque la trésorerie est tendue.
  • Pas de cotisation à l’assurance chômage : contrairement à un salarié classique, le président de SASU ne cotise pas à l’assurance chômage. Il n’accumule donc pas de droits à l’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi) au titre de son activité de dirigeant. En cas de cessation d’activité, aucune indemnisation chômage n’est prévue, sauf s’il disposait de droits antérieurs non épuisés avant la création de la société.

Un homme a aligné des pièces de monnaie

Quels sont les avantages et les inconvénients de se rémunérer avec des dividendes ?

Quels sont les avantages de se rémunérer avec des dividendes ?

  • Une fiscalité allégée : les dividendes sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, incluant 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Pour un dirigeant fortement imposé, ce taux fixe peut s’avérer plus avantageux que le barème progressif de l’IR auquel est soumis le salaire. Pour les foyers aux revenus modestes, il est par ailleurs possible d’opter pour le barème progressif avec un abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes, ou de demander une dispense du prélèvement à la source de 12,8 % sous conditions de ressources.
  • Aucune charge sociale pour la société : contrairement au salaire, les dividendes ne génèrent aucune cotisation sociale patronale. Le coût pour la société se limite à l’IS déjà acquitté sur les bénéfices. C’est un levier d’optimisation important pour préserver la trésorerie de la structure.
  • Une grande liberté : le montant des dividendes est décidé en fin d’exercice, une fois les comptes arrêtés. Le dirigeant peut ainsi adapter sa rémunération aux résultats réels de l’année, sans engagement mensuel fixe.

Quels sont les inconvénients de se rémunérer sous forme de dividendes ?

Aucun droit social : c’est l’inconvénient majeur. Les dividendes ne génèrent aucun droit à la retraite, aucun droit au chômage et aucune indemnité journalière en cas d’arrêt maladie. Un dirigeant qui se rémunère exclusivement en dividendes pendant plusieurs années prend le risque de se retrouver sans protection sociale solide et avec une retraite très insuffisante.

Une double imposition : comme vu précédemment, les dividendes sont d’abord taxés à l’IS au niveau de la société, puis soumis au PFU à titre personnel. Cette double imposition aboutit à un taux effectif global d’environ 41,7 % sur les bénéfices distribués, un niveau à ne pas négliger dans le calcul de l’optimisation réelle.

Un versement conditionné aux résultats : les dividendes ne peuvent être distribués que si la société dispose d’un bénéfice distribuable, après imputation des pertes antérieures et constitution de la réserve légale. En cas d’exercice déficitaire, aucune distribution n’est possible, contrairement au salaire, qui lui reste dû indépendamment des résultats.

Un risque de requalification par l’URSSAF : si le président actif de la SASU ne se verse aucun salaire et se rémunère exclusivement en dividendes, l’URSSAF peut requalifier tout ou partie de ces dividendes en salaire. Cette requalification entraîne un redressement avec application des charges sociales, assorti de pénalités pouvant aller de 40 % à 80 % du montant redressé.

Aucune régularité de revenu :  les dividendes sont versés une fois par an, après clôture de l’exercice. Cette irrégularité peut compliquer la gestion du budget personnel et fragiliser les démarches auprès des banques ou des bailleurs.

Comment se rémunérer en tant que président de SASU ?

En pratique, la grande majorité des présidents de SASU ne choisissent ni le salaire pur, ni les dividendes exclusifs. Ils adoptent une stratégie mixte : un salaire socle mensuel, complété par une distribution de dividendes en fin d’exercice. C’est aujourd’hui la configuration la plus répandue  et souvent la plus équilibrée.

Le principe : un salaire plancher + des dividendes variables

L’objectif du mix est double : sécuriser les droits sociaux via un salaire minimum, tout en optimisant le net perçu via les dividendes, taxés à un taux plus favorable que le barème progressif.

Concrètement, la stratégie consiste à se verser un salaire mensuel suffisant pour :

  • Valider quatre trimestres de retraite par an (supérieur à 600 €/mois en 2026)
  • Maintenir une couverture maladie et des indemnités journalières
  • Justifier d’un revenu régulier auprès des banques et bailleurs

Le complément de rémunération est ensuite versé sous forme de dividendes, une fois l’exercice clôturé et les bénéfices distribuables constatés.

Le bon équilibre entre salaire et dividendes dépend directement du résultat de la société :

Niveau de bénéfice Stratégie généralement observée
Inférieur à 40 000 € Salaire uniquement : peu ou pas de dividendes à optimiser
Entre 40 000 € et 100 000 € Salaire de 20 000 €/an + dividendes sur le solde
Supérieur à 100 000 € Salaire de 20 000 à 25 000 €/an + dividendes importants

Pourquoi la stratégie 100 % dividendes n’est pas tenable sur le long terme ?

Malgré son attrait fiscal apparent, se rémunérer exclusivement en dividendes expose à plusieurs risques cumulés :

  • Aucun trimestre de retraite validé sur les années concernées
  • Zéro indemnité en cas d’arrêt maladie ou d’accident
  • Risque de requalification URSSAF si le dirigeant actif ne perçoit aucun salaire
  • Aucune régularité de revenu, source de difficultés personnelles et bancaires

La stratégie 100 % dividendes peut séduire à court terme, mais elle fragilise durablement la situation sociale et patrimoniale du dirigeant.

Au-delà du salaire et des dividendes, certains dirigeants utilisent le compte courant d’associé comme troisième levier. Il permet d’avancer des fonds à la société, puis de les récupérer sous forme de remboursement,  sans fiscalité à l’entrée. Les intérêts perçus sont néanmoins imposables. C’est un outil complémentaire, à manier avec précaution et en lien avec un expert-comptable.

Le portage salarial : une troisième voie ignorée

La question du salaire ou des dividendes est réelle, complexe et chronophage. Elle mobilise du temps, nécessite souvent l’accompagnement d’un expert-comptable, et implique des arbitrages aux conséquences parfois durables, notamment sur la retraite et la protection sociale. Mais cette question ne se pose que dans un seul cas : celui où vous avez créé une société.

Il existe un statut qui permet d’exercer une activité indépendante avec un niveau de revenus élevé, sans jamais avoir à choisir entre salaire et dividendes : C’est le portage salarial.

En portage salarial, le consultant indépendant est salarié d’une société de portage. Il négocie librement ses missions et son tarif journalier avec ses clients, comme un freelance. Mais il est rémunéré sous forme de salaire, avec l’intégralité des droits sociaux qui en découlent.

Contrairement au dirigeant de SASU qui arbitre entre charges sociales et droits sociaux, le salarié porté bénéficie d’emblée d’une couverture totale :

  • Retraite : cotisation au régime général, trimestres validés chaque année
  • Assurance maladie : remboursement des soins, indemnités journalières
  • Chômage : ouverture de droits à l’ARE en cas de fin de mission
  • Prévoyance : couverture accident du travail, invalidité

Le consultant porté conserve une grande liberté sur son TJM. Il le fixe librement selon le marché et son niveau d’expertise. La société de portage prélève des frais de gestion — chez OpenWork, 5 % du chiffre d’affaires HT, sans frais cachés — et reverse le solde sous forme de salaire net, avec les charges sociales intégrées.

Résultat : un revenu prévisible, régulier, et socialement protégé sans avoir écrit une seule ligne de statuts, ni ouvert un seul compte professionnel.

Conclusion

Le choix entre salaire et dividendes en SASU est loin d’être anodin. Il engage la fiscalité de la société, la protection sociale du dirigeant, et  sa retraite. Derrière l’attrait apparent des dividendes se cachent des arbitrages complexes, un risque URSSAF réel et une fragilisation progressive des droits sociaux.

La stratégie mixte salaire/dividendes reste la plus répandue. Elle offre un équilibre raisonnable, mais elle ne supprime pas la complexité. Elle la gère.

Pour de nombreux consultants indépendants, la vraie question n’est pas de savoir comment arbitrer entre salaire et dividendes , c’est de savoir si créer une société est vraiment nécessaire.

Le portage salarial offre une alternative concrète : exercer en totale indépendance, avec un cadre administratif simplifié, une protection sociale complète et un revenu régulier, sans jamais avoir à ouvrir un cabinet juridique ni un tableur de simulation fiscale.

Pour aller plus loin :

Qu’elle est la fiscalité d’une SASU ?

Label RFAR
Label RFAR garantissant des relations fournisseurs et achats responsables chez OpenWork
Ecovadis
Label Ecovadis Gold obtenu par OpenWork pour son engagement durable en gestion climatique et environnementale
Label Lucie
Label LUCIE 26000, reconnaissant l'engagement d'OpenWork pour la responsabilité sociétale des entreprises
Label du Numérique
Logo de la Charte Numérique Responsable, représentant l'engagement d'OpenWork en sobriété numérique
Adhésion
SBTI
Logo Science Based Targets, symbolisant le plan de décarbonation d'OpenWork conforme aux objectifs climatiques SBTi
label PEPS
Logo Vispato pour le système d'alerte anonyme d'OpenWork, assurant un environnement de travail éthique et conforme
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