– En portage salarial, le consultant ne reçoit pas de numéro Siret car il n’immatricule pas d’entreprise personnelle.
– La société de portage gère toutes les formalités administratives et détient l’identité juridique, y compris le numéro Siret.
– Pour facturer, le consultant doit communiquer le numéro Siret de la société de portage à ses clients.
– L’absence de Siret personnel permet au consultant de se concentrer sur son activité sans se soucier des obligations administratives.
– Les consultants en portage salarial peuvent cumuler cette activité avec celle de micro-entrepreneur, mais doivent bien séparer les deux statuts.

Contrairement au micro-entrepreneur ou au consultant en société, le salarié porté ne crée pas sa propre structure juridique. Il n’immatricule pas d’entreprise, ne dépose pas de statuts. Par conséquent, il ne reçoit pas de numéro Siret à son nom. C’est la société de portage salarial qui porte l’ensemble de l’identité juridique et fiscale de l’activité.
Mais alors, comment facturer ses clients ? Quel numéro communiquer ? Et qu’en est-il des obligations administratives vis-à-vis des donneurs d’ordre, notamment dans le cadre de la lutte contre le travail dissimulé ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur le numéro Siret en portage salarial.
Le numéro Système d’Identification du Répertoire des Établissements (SIRET) est un identifiant numérique unique de 14 chiffres attribué par l’INSEE à chaque établissement économique actif en France. Il constitue la carte d’identité administrative et fiscale de toute structure immatriculée.
Ces 14 chiffres se répartissent en deux blocs : les 9 premiers forment le numéro Siren, qui identifie l’entreprise en tant qu’entité juridique, tandis que les 5 suivants constituent le NIC (Numéro Interne de Classement), propre à chaque établissement. Ainsi, une entreprise multi-sites dispose d’un Siren unique mais d’autant de Siret que d’établissements.
Dans la vie professionnelle, ce numéro est incontournable : il doit figurer sur les factures émises à destination de clients professionnels, est exigé à l’ouverture d’un compte bancaire pro, intervient dans les déclarations fiscales et sociales auprès de l’Urssaf ou des caisses de retraite, et conditionne la recevabilité de toute candidature à un appel d’offres public.
Il est attribué à toute structure immatriculée en France sociétés (SASU, EURL, SAS…), micro-entrepreneurs, associations employeuses, professions libérales dès lors qu’une entité juridique est créée ou qu’une personne s’enregistre en tant qu’indépendante. Ce qui amène naturellement à se demander quelle est la situation des salariés portés dans ce dispositif.
Le portage salarial est souvent décrit comme le meilleur des deux mondes : la liberté du consultant indépendant, combinée à la sécurité du salarié. Mais cette position intermédiaire a des implications concrètes sur le plan administratif, notamment sur la question de l’immatriculation.
Reconnu officiellement par le Code du travail depuis 2008 et consolidé par l’ordonnance du 2 avril 2015, le portage salarial repose sur une relation tripartite :
C’est la société de portage qui endosse le rôle d’employeur à part entière : elle établit les bulletins de salaire, verse les cotisations sociales, facture le client et assume les responsabilités juridiques qui en découlent.
C’est là le point fondamental : en choisissant le portage salarial, le consultant n’a aucune structure juridique à créer. Il ne dépose pas de statuts, ne s’immatricule pas au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), ni au registre des micro-entrepreneurs. Il n’a aucune démarche à effectuer auprès de l’INSEE ou du guichet unique des formalités d’entreprises.
Conséquence directe : il ne reçoit pas de numéro Siret à son nom.
Contrairement au micro-entrepreneur qui obtient son numéro Siret en quelques jours après son inscription, ou au consultant qui crée sa SASU et reçoit ses identifiants après l’immatriculation de sa société, le salarié porté reste, du point de vue administratif, un employé — et non un chef d’entreprise.
Loin d’être un inconvénient, cette absence d’immatriculation personnelle est l’un des atouts majeurs du portage salarial. Elle signifie concrètement que le consultant :
En d’autres termes, toute la charge administrative qui pèse habituellement sur les épaules d’un indépendant est entièrement absorbée par la société de portage. Le consultant peut ainsi se concentrer sur son cœur de métier, sans se soucier des contraintes administratives et fiscales inhérentes à la gestion
Si le salarié porté ne dispose pas de son propre numéro Siret, cela ne signifie pas pour autant qu’il évolue dans un vide juridique. Bien au contraire : c’est l’identité légale de la société de portage qui se substitue à la sienne pour toutes les démarches administratives et commerciales liées à son activité.
En portage salarial, la société de portage est l’entité qui détient l’immatriculation, le numéro Siren et donc les numéros Siret de ses établissements. C’est elle qui :
Du point de vue du client, son cocontractant n’est pas le consultant lui-même, mais bien la société de portage salarial.
Lorsqu’une prestation est facturée dans le cadre du portage salarial, le document émis mentionne les informations légales de la société de portage, et non celles du consultant. On y trouve ainsi :
Le salarié porté est généralement identifié dans le corps de la facture comme le consultant intervenant, mais il n’apparaît pas en tant qu’émetteur du document.
C’est une question que se posent beaucoup de consultants lorsqu’un client leur demande un numéro Siret — notamment pour des raisons de conformité, de référencement fournisseur ou de vérification de sous-traitance.
La réponse est simple : il suffit de transmettre le numéro Siret de la société de portage. Ce numéro est public, vérifiable sur le site Societe.com ou Infogreffe, et confirme que la structure est bien immatriculée, active et en règle.
Certaines sociétés de portage fournissent à leurs consultants une attestation de portage salarial ou un document récapitulatif mentionnant toutes les informations légales utiles, à remettre directement aux clients qui en font la demande. N’hésitez pas à en faire la demande auprès de votre société de portage.
Comprendre que c’est le Siret de la société de portage qui s’applique, c’est bien. Mais savoir ce que cela change concrètement dans son quotidien professionnel, c’est encore mieux. Voici les principales situations auxquelles un salarié porté peut être confronté, et comment les aborder sereinement.
Certains clients, notamment les grandes entreprises ou les donneurs d’ordre publics, ont des processus de référencement fournisseur stricts qui exigent un numéro Siret valide. Face à cette demande, le salarié porté n’a pas à s’inquiéter : il communique simplement le Siret de sa société de portage, accompagné si nécessaire d’une attestation de portage salarial précisant sa qualité de consultant salarié porté.
Il peut être utile d’anticiper cette question dès le premier contact commercial avec un nouveau client, en présentant clairement son statut et en fournissant les documents adéquats. Cela évite tout malentendu et renforce la crédibilité professionnelle du consultant.
La loi impose aux entreprises clientes de vérifier la régularité de leurs sous-traitants et prestataires, notamment dans le cadre de la lutte contre le travail dissimulé. Concrètement, tout donneur d’ordre doit s’assurer que son prestataire est bien immatriculé et à jour de ses obligations sociales.
En portage salarial, cette obligation est intégralement couverte par la société de portage. Celle-ci est en mesure de fournir :
Le client n’a donc aucune raison de douter de la conformité de la relation contractuelle.
L’une des implications les plus appréciables pour le salarié porté est sans doute celle-là : il n’a strictement aucune formalité administrative à accomplir en lien avec son identification légale. Pas de création d’entreprise, pas de mise à jour au registre, pas de radiation en cas de changement de situation.
Si le consultant change de société de portage, met en pause son activité ou décide de se réorienter, aucune procédure d’immatriculation ou de radiation ne s’impose à lui. C’est la société de portage qui gère l’intégralité de ces aspects, lui permettant de rester focalisé sur l’essentiel : ses missions et le développement de son activité.
Certains consultants choisissent de cumuler le portage salarial avec une activité de micro-entrepreneur. Dans ce cas précis, ils disposeront bien d’un numéro Siret personnel, mais uniquement pour leur activité en micro-entreprise, qui reste distincte et indépendante de leur activité en portage salarial.
Ce cumul est tout à fait légal, mais il implique de bien séparer les deux activités, notamment en veillant à ne pas facturer les mêmes clients sous les deux statuts pour des missions similaires, ce qui pourrait être requalifié par l’Urssaf.
Le numéro Siret est un élément incontournable de la vie professionnelle en France, mais en portage salarial, il n’appartient pas au consultant. Et c’est précisément là toute la force de ce statut.
En confiant à la société de portage l’ensemble de son identité juridique et administrative, le salarié porté bénéficie d’une couverture légale complète, sans avoir à créer de structure, à gérer une comptabilité ou à s’immatriculer auprès d’un quelconque registre. Il peut exercer son activité en toute légitimité, facturer ses clients et percevoir un salaire, le tout sans jamais avoir à se soucier des contraintes administratives qui pèsent ordinairement sur les travailleurs indépendants.
Loin d’être un manque, l’absence de numéro Siret personnel est le reflet d’un statut pensé pour simplifier la vie du consultant. En choisissant le portage salarial, vous ne renoncez pas à votre indépendance. Vous choisissez simplement de la vivre sans la charge administrative qui va habituellement avec.
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